Le 15 avril 2021 est paru le format poche d’Une femme de Sibilla Aleramo aux éditions des femmes – Antoinette Fouque.

Avec ce premier roman publié en 1906 en Italie, Sibilla Aleramo connaît une gloire soudaine à l’âge de trente ans : Une femme est aussitôt traduit en français, Anatole France s’enthousiasme dans un article du Figaro sur ce prodige de la littérature italienne et le Tout-Paris la fête : Rodin, Anna de Noailles, Valery Larbaud, Charles Péguy, Apollinaire, Colette se disputent la compagnie de cette jeune femme fascinante.

« Qui n’a pas vu Sibilla Aleramo à Rome en cette première décennie du XXe siècle n’a rien vu », s’exclamera l’écrivain Stephan Zweig après l’avoir rencontrée à Rome, à son tour conquis par cette figure légendaire,

Sibilla Aleramo (1876-1960) est considérée en Italie et à l’étranger comme une héroïne du féminisme italien, tant pour certains épisodes de sa vie personnelle que pour son activité de journaliste et de romancière. Si ce statut d’héroïne n’est pas usurpé, il doit néanmoins beaucoup à la pratique autobiographique de Sibilla Aleramo : en (ré)écrivant son histoire dans le roman Une femme (1906), elle a construit son propre mythe, se posant comme une figure héroïque du féminisme, valorisée notamment par les féministes italiennes dans les années 1970.

Autobiographie romancée, avec merveille, d’une écrivaine italienne qui a marqué la première moitié du XXe siècle, cet ouvrage a de quoi fasciner par sa modernité et sa liberté de ton exemplaire.

Une parution de longue date (version brochée en 1974 aux éditions des femmes – Antoinette Fouque) qui a désormais le droit à sa version de poche.

« Il me semblait étrange, inconcevable que les personnes cultivées donnent si peu d’importance au problème social de l’amour. Non que les hommes ne soient pas préoccupés par la femme, au contraire cela semblait être leur principale occupation ou presque. Poètes et romanciers continuaient à refaire leurs duos et leurs trios éternels, avec quelques complications sentimentales ou diverses perversions sensuelles. Cependant, personne n’avait su créer une grande figure de femme. »

page 181
  • Ce qu’en dit l’éditeur :

Déchirée entre un amour passion pour un père brillant, libéral et séducteur et une pitié terrifiée pour une mère trompée, humiliée, sombrant progressivement dans la folie, la narratrice lutte pied à pied pour conquérir son indépendance intellectuelle et affective. Surtout face à un mari tyrannique, brutal et veule et à un milieu provincial superstitieux et étriqué.

Ce sera au prix du renoncement à son fils, c’est-à-dire du renoncement à être mère, qu’elle deviendra une femme libre et active. Dans un style sobre, d’une réserve classique mais traversée d’effusions lyriques et sensuelle, une lutte toujours convaincue pour l’indépendance des femmes et la justice sociale.

« Derrière son indolence, l’activité de l’éditeur me semblait symboliser tout un groupe d’intérêts menacés par les nouvelles tendances féminines. »

page 156
Sibilla Aleramo

Laisser un commentaire