Découvrez Aurélie Delahaye, l’autrice d’Embrasser l’inconnu et Donne-moi la main Menino, à travers une série de textes dans lesquels elle nous fait plonger dans son univers.

Voici le quatrième et dernier volet.

Ils logent là, dans un coin de ma tête, mes amis imaginaires.

Petit à petit, avant même que l’histoire ne se construise sur le papier, ils se créent une place, et deviennent « quelqu’un ».

Quand que je marche sur les sentiers aux alentours de chez moi, ils m’accompagnent. Il leur arrive de se faire entendre par surprise. C’est une phrase qu’ils prononcent alors que je ne m’y attendais pas. Un geste qu’ils font quand j’avais prévu tout autre chose pour eux.

Ils ont le pouvoir de faire changer le cours de l’histoire avec leur spontanéité, leur imprévisibilité.

Il faut obéir à ces amis, ce sont eux qui décident qui ils sont, ce qu’ils veulent. À quoi bon exister si ce n’est pour choisir sa propre voie ? Moi, je suis là pour les servir. Je les écoute attentivement et patiemment. Parfois, ils mettent du temps à se faire entendre. Alors j’essaie de les inventer, mais cela sonne moins juste. Il faut attendre encore un peu…

Quand je vaque à des occupations manuelles, ils occupent toute la place. Ils se mettent à vivre sous mes yeux sans que je ne puisse rien y faire.

Il faut veiller à ne pas les laisser m’envahir, sans quoi ils pourraient se croire complètement chez eux. J’en prends conscience quand, les yeux dans le vague alors que je discute avec mon compagnon, je l’entends me dire : « Tu penses à quoi là ? » Je ne réponds rien. Il sait, je sais. J’étais avec eux.

Antoine

S’il fallait résumer ma vie, je dirais que je suis un mélange entre Laure Adler, Droopy et Edouard Baer.

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