Pour la sortie de son dernier livre aux éditions L’Alchimiste, dont il est aussi le directeur éditorial, Lionel Cruzille nous fait l’honneur de répondre à quelques questions qui vous permettra d’en découvrir davantage.

Un petit format pour des apprentissages d’une grande sagesse, des phrases précieuses, tels des haïkus à piocher et à saisir à sa guise pour en faire ce que l’intuition décidera.

  • Ce qu’en dit l’éditeur :

« Le Guerrier Pacifique est le symbole d’une force, d’une détermination, d’une souplesse intérieure et d’une certaine sagesse. Autant de qualités que les défis d’aujourd’hui – écologiques, sociaux,… – nous demandent de développer afin de garder la tête froide, mais le cœur ouvert, et ainsi entreprendre des actions concrètes avec le plus de conscience possible. »

« Ainsi vous découvrirez la différence cruciale entre vivre pleinement en conscience l’émotion et se laisser emporter par elle. »

page 29
  1. Pourquoi cette reconversion professionnelle ? Que vous a-t-elle apporté ?

J’ai été aide-soignant durant un peu moins de 8 ans, et ça, après avoir fait quelques petits jobs. Ces expériences dans les hôpitaux m’ont beaucoup apporté et m’ont sculpté, dans le sens où, aux urgences de Lariboisière et Necker (à Paris donc) elles m’ont fait vivre des choses hors normes, parfois délirantes. Mais elles m’ont terriblement usé, alors même que j’étais encore jeune. J’avais la vingtaine. À 28 ans, après quatre ans de nuit, au bord du gouffre, de la saturation et de l’épuisement, j’ai tout plaqué. J’avais besoin de prendre du recul, me refaire une santé, et surtout vivre autrement qu’en stress permanent.

Avant de prendre ce virage, j’avais déjà posé des jalons et débuté des formations en shiatsu et Qi gong. Je méditais aussi sérieusement depuis 3 ou 4 ans. C’est après quelque temps que j’en ai ensuite fait mon métier.

« La profondeur,

la Conscience au-dedans de vous,

est plus vous que vous-même. »

page 97

2. À quel moment ce sujet est arrivé comme une évidence ?

Le thème de ce nouveau livre, l’état d’esprit du Guerrier Pacifique, m’est venu peu à peu. J’avais commencé depuis plusieurs mois à noter des phrases qui me venaient spontanément n’importe quand. J’ai même dû en laisser passer, certainement ! Mais j’ai vite consigné tout ça par écrit et je me suis décidé un jour à en faire un recueil. Mais c’était encore un peu flou. Un recueil, pourquoi ? Et surtout, quoi dire encore après mes cinq autres essais ? J’avais l’impression de n’avoir pas grand-chose à ajouter…

Mais ce qui a été l’événement marquant et, étrangement (ou pas !), concomitant à ces inspirations, ça a été le début de la crise du Covid, début 2020. C’est vraiment à partir de là que toutes ces petites notes écrites à gauche à droite ont pris du sens. Et je me suis dit : « Pour faire face à ça, et surtout à ce qui nous attend après, il nous faut de la force, de l’impeccabilité. »

Je me suis donc à compiler tout ça et à réfléchir à ce qui pourrait rendre cohérent l’ensemble. Bien sûr, l’esprit du Guerrier Pacifique, dans le sens du livre bien connu, mais surtout dans l’esprit de Gandhi, Martin Luther King et bien d’autres, s’est imposé comme l’évidence. Des personnes comme Arnaud Desjardins ou Jodorowsky m’ont aussi profondément marqué et inspiré.

Je suis aussi grandement influencé par l’esprit des Natives Americans, les Amérindiens, leur force, leur farouche détermination. C’est cette influence que je voulais chevaucher et partager avec ceux que cela pourrait intéresser.

J’ai songé à ce qui structurerait ce mode de pensée, cette énergie, à ce qui pouvait faire obstacle à son déploiement, comme ce qui pouvait le soutenir. C’est ce que j’ai essayé de mettre en place par écrit, par petites strophes.

« La pensée filtre tout.

Nous pensons le monde.

Seule la distanciation avec la pensée permet de voir le monde. »

page 36

3. Qu’est-ce que cette lecture peut apaiser et/ou révéler en nous ?

Ce sera au lecteur de le dire ! (Rire) Mon intention est en tout cas d’offrir des réflexions que l’on peut choisir au hasard et méditer ensuite, les laisser « infuser ». L’idée est de nourrir en chacun, ou du moins éveiller, la part qu’on porte de « Guerrier Pacifique ».

De plus, le magnifique travail de mise en page avec les non moins belles encres chinoise, permettent de vraiment s’immerger. Nous voulions que ce soit comme une expérience complète.

« La profondeur est ce qu’on nomme Paix.

Paix n’est qu’un mot. Les mots sont des directions, non des expériences. »

page 128

4. Le titre parle de « défis d’aujourd’hui », pourriez-vous nous en dire plus ?

Si le livre est né au début de la crise du Covid, il est aussi le reflet de ce que nous allons, très probablement tous vivre d’ici peu : un grand tournant. Que ce soit, pour la plus importante, la crise écologique, mais aussi pour ce qui est de la crise économique et sociale, nous allons droit vers d’importants changements, voire de grandes cassures, surtout si nous n’y prenons pas garde.

Je ne veux pas faire l’oiseau de mauvais augure, mais il semble que si nous ne prenons pas conscience très rapidement d’un certain nombre de choses à changer, la Nature et les choses elles-mêmes vont nous le rappeler. Pour moi, comme pour beaucoup, les crises actuelles ne sont pas que des crises écologiques, sociales ou économiques. Ce sont avant tout des crises de sens, des crises liées au sens de la vie sur Terre. Voulons-nous de ce monde ? Voulons-nous continuer de détruire la nature et nous avec ? Voulons-nous nous éloigner les uns des autres ? Que peut-on faire pour changer tout cela ? Quel monde voulons-nous bâtir pour nos enfants ? Etc.

Pour moi, changer nos actions équivaut en premier à changer notre état d’esprit. Gandhi le disait « Soyons le changement que l’on veut voir dans le monde ». Cela signifie en premier changer nos pensées, en prendre conscience, veiller à être conscience de nos émotions, les accueillir, les digérer. C’est donc faire en sorte que nos actes partent depuis un espace intérieur renouvelé, voire transformé. C’est la raison de ce livre. Si j’aborde la spiritualité, c’est (comme dans chacun de mes livres) toujours dans un sens très large, au-delà de toute religion ; dans le sens même du mot « relatif à l’esprit, aux choses de l’esprit ».

Nous imaginons d’abord le monde, nous en créons d’abord une idée avant de passer à l’action. Mais depuis quel état d’esprit le faisons-nous ? Est-ce automatique ou conscient ? Est-ce rempli d’émotion ou lucide et posé ? Voilà un peu l’idée.

« Ce qu’on nomme « émotions du passé » est un non-sens. Les émotions sont toujours ressenties ici et maintenant. »

page 24

5. Quel est votre passage favori et pourquoi ?

Je l’ignore. Je n’ai pas de passage préféré. Pour moi, ils me semblent tous importants, comme chaque arbre dans une forêt ; si je peux me permettre cette image.

« L’éveil est le début et la fin de la Voie. Vous êtes la Voie.

L’éveil est un murmure que le temps souffle immédiatement.

L’éveil n’est pas un état, mais une nature. Au-delà du temps. »

page 97

6. D’autres essais dans la même énergie sont à venir ?

Cette question est amusante, car j’y réfléchis déjà. Nous verrons bien. Ce que je peux dire, c’est qu’en corrigeant l’épreuve du livre, plein de sujets non abordés me sont venus à l’esprit. Et depuis, j’ai de nouveau des petites phrases qui me viennent ! Alors, nous verrons ce qu’il en sortira. 🙂

« Tout est interdépendant.

Autonome, oui.

Indépendant, non.

La liberté, c’est de se sentir relié,

mais non entravé. »

page 58
  • Pour se le procurer :
https://editionslalchimiste.com/produit/le-petit-livre-du-guerrier-pacifique-face-aux-defis-daujourdhui/

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