Durant les mois d’octobre-novembre 2013, Netflix fut particulièrement généreux en anime de très grandes qualités. Outre Pluto que nous avions déjà chroniqué la semaine dernière et les suites de Castlevania, Kegan Ashura ou encore l’adaptation anime d’Onimusha, Netflix dégaina un chef d’œuvre qui est de surcroit une création originelle de la plateforme au N rouge : Blue Eye Samouraï.

HISTORIQUE

Ceci est historique : de 1650 à 1842, le Japon ferma ses frontières à l’occident. Cette politique radicale fut conduite du fait de l’influence dite néfaste sur le peuple nippon importé par les européens. A une vie de débauche et au christianisme impérialiste s’ajouta surtout le mélange entre les peuples. Le métissage fut très mal vu et donna lieu à un racisme envers tous les métis occidentaux-nippons qui étaient qualifiés de moins qu’humain, même moins qu’un chien. Ces enfants nés de ces métissages étaient sciemment bannis pour les faire disparaître.

C’est durant cette période que se  déroule Blue eye samouraï : un enfant métis dissimulant ses yeux bleus parcourent le pays en quête de vengeance.

KILL BILL

L’ennemi ne se nomme pas Bill mais Tarentino qui est clairement notifié à travers la BO de son film est la base de cette série : (sans spoiler grand-chose car il est évident pour tout le monde sauf pour les personnages de la série) une femme est devenue une samouraï pour tuer un être.

En réalité, sa vengeance se déploie sur 4 hommes, les 4 hommes qui ont violé sa mère puis l’ont tuée. Elle désire donc tuer son géniteur qui lui donna ses yeux bleus et l’a banni du reste de la société japonaise et vengé sa mère assassinée.

Cela pourrait être assez simplet au demeurant s’il n’y avait pas eu ce reversement qui arrive dans la série : après plusieurs épisodes montrant sa détermination et son habileté à se battre, on peut voir son passé durant lequel, elle ne se travestissait pas en homme mais était une femme mariée.

Abijah Fowler, l’un des quatre

LA FEMME

Nous le disions plus haut, la série se base sur des faits historiques et ces épisodes-ci permettent de faire comprendre au néophyte quel était le statut de la femme dans le Japon du XVIIème siècle : soit une femme mariée, soit une prostituée. Cela peut sembler raccourcir la complexité d’une société mais, dans les grandes mesures, telle était la réalité. D’où le travestissement de notre héroïne, d’où les portraits de femme que l’on croise tout le long de la série.

En effet, malgré le personnage principal, la série s’intéresse à la femme sous plusieurs aspects et nous présente tout autant le statut de la femme issue de la classe populaire que de la noblesse et des geishas, caste à part entière se rapprochant en Europe des courtisanes (une courtisane ne couchait pas nécessairement mais était aimée aussi et surtout pour son intelligence, sa répartie, sa grâce, etc.)

Par la présentation de ces multiples personnages, la série permet ainsi de mieux appréhender l’état d’esprit d’un pays asiatique au moment où, en occident, régnait toujours l’esclavage et s’approchaient Les Lumières.

ANIME

Lors de la sortie de cet anime, Hideo Kojima, le créateur de Metal Gear Solid, qualifia Blue Eye Samouraï de meilleur anime 2023. Cela pourrait suffire mais, cocorico, cet anime d’une qualité graphique et d’animation irréprochable, intégrant la CGI avec délicatesse et proposant des angles de vue rarement utilisés est la création d’un studio français : Blue Spirit !

Ce studio surtout connu pour avoir créé l’adaptation animé de Grabouillon pour les tout-petits ou encore avoir animé la nouvelle série des Mystérieuses Cités d’Or  montre avec Blue Eye Samouraï qu’il est loin d’être un simple studio pour occuper les enfants entre deux pubs.

D’une richesse graphique incomparable (oui, on a le droit de se répéter face à leur tour de force !), il ne faut pas oublier l’apport considérable des scénaristes Michael Green et Amber Noizumi. Cette dernière étant américano-japonaise, on perçoit une histoire familiale dans ce récit. Quant à Michael Green, il n’est rien d’autre que le producteur de la série Heroes, le scénariste du film Green Lantern, de Blade Runner 2049 mais surtout le co-créateur d’American Gods, l’adaptation en série live du roman éponyme de Neil Gaiman que nous avions déjà pu chroniqué il y a plusieurs années.

La question se pose aujourd’hui : si vous n’avez pas vu Blue Eye Samouraï, que vous faut-il de plus ?

La fin se termine sur un cliffangher. Pour autant, la saison 2 n’a pas encore été programmée mais cela ne saurait tarder…

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