Chroniques littéraires

Besoin d'inspiration pour un titre, envie de découvrir de nombreux univers ou tout simplement de remplir sa pile à lire ?
Les chroniqueurs littéraires de Cultures Sauvages sauront répondre à votre fièvre de lecture, chacun avec son style sauvage.

Les articles récents

Babel de Fabienne Rivage

Avec optimisme, Babel de Fabienne Rivage donne la voix à une humanité tendre et solidaire pour mieux réfléchir sur toutes ces voies qui nous sont offertes. Cet immeuble nommé Babel est donc pareil à la littérature : c’est un lieu à choisir dans lequel on apprend à cohabiter avec des langues et des personnages nouveaux.

"Il n'y a pas d'arc-en-ciel au paradis", de Nétonon Noël Ndjékéry, Hélice Hélas éditeur

Le portrait d’une Afrique multiple, diversifiée dans ses croyances, ses arts du vivre ensemble. L'humanisme collectif mis en mots, une quête de développement et d’émancipation. Une île mouvante, une société utopique, une nouvelle terre de libertés. Un récit qui prend aux tripes, car il porte en lui tout notre instinct, nos sens, toute l'oralité des histoires humaines, toute la spiritualité de la vérité, toute la sagesse portée par les mots. Une leçon d’Histoire universelle de l’Humanité, aussi, avec ses droits, tous court. Droits d'exister simplement et librement, sans devoirs : une leçon de vie.

"Elle nage", de Marianne Apostolides, aux éditions La peuplade

Entrer dans un roman comme on entre, soi, dans un grand bain. Mais comment, me direz-vous : doucement ? Après s’être humecté la nuque pour la mettre à température ? Marche après marche, à reculons, ou d’un plongeon d’un seul car le corps sait ? Plongeons avec elle, oui, et puis nageons. Un roman étonnant, respirant, endurant, rafistolant, haletant, approfondissant, ponctuant !

"La baleine tatouée", de Witi Ihimaera, au Vent des Îles

Un conte peut bouleverser et toucher toute personne qui le lit, car c'est aussi ça, l'universalité, même quand ses origines du conte sont lointaines. Et ce conte du bout du monde est bouleversant et touchant, c'est une bien belle histoire qui se dédouble sous nos yeux : une baleine sacrée pleure celui qui la chevaucha et devint son ami et quelque part en Nouvelle-Zélande, une enfant naît, mais sa condition de fille l’écarte d’une grande destinée. Parfois, les destins et les desseins sont liés, comme la beauté de conter le monde et depuis des temps immémoriaux.

"Ingrid Bergman", de Denis Lachaud, aux éditions Actes Sud

Un livre étonnant, captivant et explorateur de l'être qui démarre sur une urgence de secours et ne dévoile que très progressivement la situation au lecteur. On avance pas à pas, sans vouloir aller trop vite. On découvre Ingrid, puis son identité avec elle, et sa fille Rosalie, telles qu'elles sont et peuvent se dire, on se laisse plonger au coeur d'un nœud d'interrogation. Et dans ce livre, on découvre aussi, ébahi, ému, tendu, la capacité incroyable à s’accoutumer à des situations impossibles, qu’on pourrait penser insupportables. Un roman vertigineux, funambule sur le fil de la violence, qui peut décons­truire l’individu mais ce faisant laisser entrer un passage insoupçon­nable vers la sortie de soi pour la reconstruction du moi : "La parole" sera libération.