Pendant 17 jours, je vous livre mes sensations, mes impressions, mes sentiments de lecture au sujet du roman O de Miki Liukkonen, qui paraît au Castor Astral.

Sixième jour

Nager, c’est l’absence de bruit.

O, Mikki Liukkonen

Dans l’Infinie Comédie de David Foster Wallace, le sport qui dominait, c’était le tennis.

Dans O de Miki Liukkonen, de nombreux personnages pratiquent la natation. Il est dès lors intéressant de faire le parallèle entre la natation et l’écriture. Lors d’une série d’émission intitulée « L’écriture est un sport comme les autres », Nathalie Azoulai avait rencontré des romanciers et romancières qui pratiquaient un sport à côté de leurs activités d’écriture, à l’instar de Lola Lafon et la danse:

La danse ça coûte, c’est difficile, mais en même temps il ne faut pas s’en repaître. Il y a d’autres choses très compliquée à appréhender dans la danse, il faut être à la fois complètement centré sur soi, à l’intérieur, il faut être très conscient de tout ce qui se passe à l’intérieur de vous et en même temps projeter une ouverture vers l’extérieur, parce qu’on ne peut pas danser en étant que à l’intérieur, parce qu’on est quand même devant un public, il faut être vraiment ouvert. C’est aussi une position par rapport à l’écriture, à quel point le lecteur peut-il être là.

Lola Lafon

Ecrire et lire peut donc s’apparenter à une forme de nage. Traverser une langue, être traversé par une écriture. On positionne aussi son corps d’une certaine manière.

La natation structure la vie de personnages comme Jérome W :

Miki Liukkonen, au vu de l’ambition du roman, semble avoir parcouru un nombre incalculable de fois le bassin de l’écriture. Ses personnages semblent être la métaphore de son rapport à l’écriture, point d’ancrage qui vous définit et qui structure votre existence.

La natation n’est-elle pas révélatrice d’une certaine pratique d’écriture?

En plus de la discipline que cela demande, on se trouve face à un sport marqué par la répétition et de la volonté. Avec l’idée de faire plonger le lecteur dans des eaux contraires, celles d’histoires imbriquées que l’on doit savoir traverser.

A suivre.

Et on terminera avec une référence musicale présente dans le roman.

Il entra chez Stockmann, passa d’un pas bien rodé entre les gens pour aller prendre l’escalator, , pianota sur la rampe avec les doigts de sa main droite, jouant mentalement le prélude en ut dièse mineur de Rachmaninov, la leçon du jour, fredonnant discrètement.

O, Mikki Liukkonen

Antoine

S’il fallait résumer ma vie, je dirais que je suis un mélange entre Laure Adler, Droopy et Edouard Baer.

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